Motif wax « Tu sors, je sors » : signification

Certains motifs wax portent des messages si directs qu’ils ressemblent presque à des petites piques glissées avec humour dans le tissu. C’est le cas du motif « Tu sors, je sors », représentant un oiseau s’envolant de sa cage, l’un des exemples les plus connus du wax utilisé comme véritable outil de communication entre proches.

À quoi ressemble ce motif ?

Selon la description qu’en donne Anne Grosfilley, la composition présente des oiseaux dans une cage fermée, regardant leur partenaire voler à l’extérieur, ainsi qu’une cage ouverte d’où s’échappe un oiseau, suivi d’un autre. Le dessin met donc en scène deux situations à la fois : celle de l’attente et celle de l’envol.

Une mise en garde adressée aux maris volages

Ce dessin est perçu comme une mise en garde explicite d’une femme face aux écarts de son mari : elle le menace de sortir à son tour voir ce qui se passe ailleurs, s’il tente encore l’aventure. Le nom du pagne, « Tu sors, je sors », résume à lui seul ce message, porté ouvertement par une femme qui souhaite le faire passer à son entourage, ou directement à son mari, sans avoir besoin de prononcer un mot.

Le wax comme langage entre les lignes

Ce motif illustre parfaitement une fonction essentielle du wax dans de nombreuses cultures d’Afrique de l’Ouest : celle d’un vêtement qui parle à la place de celle qui le porte. Bien avant les réseaux sociaux, le choix d’un pagne au marché ou pour une occasion précise permettait de faire passer un message social ou personnel, compris par tout un entourage sans qu’un mot ne soit prononcé.

Qui a dessiné ce motif ?

Ce motif a été dessiné par Noud Jeurgens en 1978, selon les informations recensées dans le livre Wax, 500 tissus d’Anne Grosfilley. C’est l’occasion de rappeler que même les motifs les plus populaires et les plus repris à travers les décennies ont, à l’origine, un créateur et une date précise — une histoire souvent méconnue du grand public.

Source : Anne Grosfilley — Wax, 500 tissus, Éditions de la Martinière, 2019 
Crédit photo : VLISCO 

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